Accessibilité : Deux commerçants témoignent de leurs démarches

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À l’occasion du 10e anniversaire de la Loi du 11 février 2005 – qui prévoit la mise en accessibilité de tous les établissements recevant du public –  le groupe professionnel Tendance Presqu’Île a organisé à destination de ses adhérents une « Soirée Business in Presqu’île » afin de les informer au mieux sur le contenu de ce texte et les obligations qui en résultent, y compris suite à la mise en place des Ad’Ap (Agendas d’accessibilité programmée). 

 

Nous avons recueilli les témoignages de deux commerçants qui ont déjà bien avancé dans leurs démarches de mise en accessibilité.

 

Nicolas Asboth, co-fondateur d’Origeen, boutique de prêt-à-porter éthique et écologique, avec un espace coiffeur-barbier (Lyon 2e).

 

 

Quelles démarches avez-vous entamé pour faciliter l’accès de tous à votre commerce ?

 

Nous avons ouvert la boutique en 2010 dans un local de plain-pied. Dès le départ, nous avons fait en sorte d’agencer l’espace de façon à ne pas empiéter sur l’espace de circulation, notamment dans le positionnement des meubles et dans l’aménagement des locaux. Nous avons aussi prévu une caisse aménagée avec partie basse et des cabines d’essayage accessibles.

Lorsque nous avons ajouté l’espace coiffure à la boutique, en 2013, nous avons demandé conseil à un architecte pour garantir une bonne accessibilité à toutes nos prestations. Nous avons également équipé le salon d’un bac coiffure adapté aux personnes à mobilité réduite grâce à un fauteuil amovible facile à déplacer.

Actuellement nous prévoyons de déménager dans un espace plus grand, sur deux niveaux. Nous ferons là aussi appel à un architecte pour rendre les locaux accessibles tout en optimisant les coûts.

 

Que pensez-vous de la Loi du 11 février 2005 ?

 

Il me semble tout à fait normal de rendre les lieux publics accessibles à tous. Pour un commerçant non-discriminant cet aspect ne devrait pas être vécu comme une contrainte, mais seulement comme une norme à respecter, au même titre que les normes de sécurité par exemple. Je peux toutefois concevoir que ce ne soit pas facile dans tous les cas, ce qui peut justifier certaines dérogations.

Concernant Origeen, notre concept repose sur démarche éthique et responsable où l’on recherche le meilleur impact sociétal… c’est donc d’autant plus évident pour nous de nous engager en faveur de l’accessibilité de tous. À l’heure actuelle, les aménagements réalisés pour l’accessibilité de nos locaux n’ont pas engendré de frais supplémentaires dans la mesure où nous avons intégré cet aspect dès la conception. L’accessibilité n’est pas une contrainte si on la prend en compte dès le début. En parallèle, nous voyons de plus en plus de personnes en situation de handicap dans notre boutique, des personnes en fauteuil roulant mais aussi des personnes malentendantes ou malvoyantes. Dans ce cas nous essayons de nous adapter à chacun – on décrit, on fait toucher les matières, on fait des gestes – l’humain vient compléter ce que la partie matérielle ne peut pas apporter.

 

Michel Chillet, pâtissier, chocolatier, traiteur, glacier, associé à Robert Réa au sein de la Maison Debeaux (Lyon 1er).

 


 

Quelles démarches avez-vous entamé pour faciliter l’accès de tous à votre commerce ?

 

Nous avons repris l’entreprise Maison Debeaux il y a treize ans et réalisé les travaux de mise en accessibilité il y a trois ans. Nous avons présenté notre projet commercial à notre architecte et c’est alors que la question de l’accessibilité s’est posée : nous devions respecter les normes d’accessibilité, par rapport à la loi mais aussi parce qu’il est très important pour un commerce de pouvoir accueillir tout le monde et de proposer à chacun toutes les commodités habituelles. Il n’y a rien de pire que de laisser une personne dehors. Nous avons donc adapté notre projet en fonction de ces exigences : adaptation de l’entrée, couloir large pour pouvoir passer devant les vitrines, adaptation des toilettes (placés au rez-de-chaussée), augmentation du nombre de places accessibles à table, clous au sol pour signaler aux personnes déficientes visuelles le bas et le haut de l’escalier.

 

Que pensez-vous de la Loi du 11 février 2005 ?

 

Je pense que cette loi apporte de bonnes choses. C’est bien que l’on demande aux commerçants d’adapter leurs locaux et services pour l’accessibilité de tous. Cependant, il est dommage que les commerçants et artisans n’aient pas bénéficié d’un coup de main financier pour compenser les coûts, cela aurait pu être prévu par exemple sous forme de défiscalisation du prix du matériel ou des travaux.

Concernant le rapport contraintes-coût-bénéfices, nous avons effectivement supporté des coûts supplémentaires pour les aménagements, mais aujourd’hui la satisfaction d’avoir un magasin accessible est indiscutable dans le secteur du commerce. C’est important pour les personnes en situation de handicap mais aussi pour les personnes âgées, qui ont également besoin d’espace et de toilettes facilement accessibles au rez-de-chaussée. C’est donc un investissement que nous ne regrettons absolument pas.

 

 

Tendance Presqu’île

 

Né à l’initiative du Grand Lyon, de la Ville de Lyon, des Chambres Consulaires et de commerçants, Tendance Presqu’île fédère et accompagne les commerçants de la Presqu’île de Lyon dans leur développement et sur les différentes problématiques auxquelles ils sont confrontés (accessibilité, responsabilité sociétale, amélioration de l’accueil, sécurité…). Tendance Presqu’île joue également un rôle de facilitateur entre les commerçants et l’ensemble des acteurs privés et publics.

 

Plus d’infos sur : www.tendancepresquile.org

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