Du Botox pour traiter l’incontinence

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L’Agence Française de Sécurité des Produits de Santé (AFSSAPS) a autorisé l’utilisation du Botox comme traitement de l’hyperactivité détrusorienne neurologique conduisant à une incontinence urinaire chez les patients blessés médullaires ou des patients atteints de sclérose en plaque.

 

ntre 60 % et 80 % des patients atteints de sclérose en plaques et 75 % à 80 % de patients blessés médullaires souffriront  d’une dysfonction vésicale, dont l’incontinence urinaire, potentiellement invalidante. L’incontinence urinaire des patients atteints de sclérose en plaques ou blessés médullaires est souvent causée par une pathologie nommée hyperactivité détrusorienne d’origine neurologique (hyperactivité du muscle vésical, le détrusor) qui entraîne des contractions anormales et involontaires de la vessie pendant la phase de remplissage, durant laquelle le détrusor devrait être relâché. C’est cette hyperactivité qui peut conduire à des fuites urinaires incontrôlées. Deux études cliniques conduites par Allergan, laboratoire pharmaceutique qui développe le Botox ont été menées sur 700 patients atteints de sclérose en plaques ou blessés médullaires. Elles
montrent que les injections de Botox dans le détrusor peuvent apporter une diminution significative de la fréquence des épisodes d’incontinence urinaire, et
pourraient permettre à certains patients (presque 40 %) une absence de fuite urinaire pendant une semaine à six semaines post-traitement.

Une opération à renouveler tous les neuf mois
Concrètement l’opération réalisée par un spécialiste se fait sous sédatif, mais le patient peut quitter l’hôpital dans la journée, comme l’explique Le Figaro. « Les
injections de Botox se font sous endoscopie, au cours de laquelle on introduit une sonde munie d’un éclairage dans l’urètre », précise le quotidien. L’effet du
produit étant éphémère, l’opération doit être renouvelée environ tous les neuf mois.

« Historiquement, les médicaments utilisés pour traiter l’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie d’origine neurologique étaient administrés par voie orale. L’efficacité de ces traitements restait limitée en raison du manque d’observance des patients et de effets secondaires gênants », a déclaré le Prof. Emmanuel Chartier-Kastler du Service
Universitaire d’Urologie du Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris. « Aujourd’hui avec les injections de Botox, administrées en moyenne tous les neuf à dix mois dans le muscle vésical, j’ai une nouvelle option thérapeutique peu invasive et durable à proposer à mes patients pour contrôler leur incontinence. »
On dénombre environ 80 000 personnes atteintes de sclérose en plaques en France et approximativement 950 nouveaux patients blessés médullaires par an. Beaucoup de ces patients ont au plus 40 ans et présentent des difficultés de mobilité mais restent pour autant actifs professionnellement et socialement.
L’incontinence urinaire peut avoir un retentissement considérable sur la qualité de vie et le bien-être des patients, provoquant une gêne vis-à-vis des proches, la perte de l’estime de soi, la dépression et la perte d’indépendance. À noter que le Botox est envisagé en second recours au cas où les médicaments ne sont pas tolérés ou inefficaces.

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