L’Agefiph mise sur la formation et le maintien dans l’emploi

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Pour contrer la crise et l’inflation  du chômage, l’Agefiph  (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées) accentue ses mesures axées sur le maintien dans l’emploi et la formation en alternance. Entretien avec François Atger, directeur de la communication de l’association. 

 

 

Quel bilan pouvez-vous faire de l’année 2012 ?
2012 fut une année contrastée. Tout d’abord, le nombre de travailleurs handicapés au chômage a augmenté de 15 % en un an contre 7,5 % pour l’ensemble des demandeurs d’emploi. Ce chiffre a plusieurs explications. La crise perdure et bien que les personnes handicapées n’en n’aient pas été victimes dans un premier temps, les effets se font désormais ressentir. Parallèlement, la crise a poussé les personnes à se faire  reconnaître handicapées auprès des MDPH, ce qui gonfle le chiffre. En effet, la reconnaissance peut être un atout pour les demandeurs d’emploi en période de crise car l’employeur peut bénéficier d’aide en embauchant un travailleur handicapé. Le nombre de demandes de reconnaissance a ainsi augmenté jusqu’à 30 % dans certains départements. Paradoxalement à cette augmentation de chômage, le nombre de travailleurs handicapés dans les entreprises progresse. Par rapport à 2005, il a augmenté de 33 % ! Ceci s’explique non seulement par l’augmentation du nombre d’embauches mais aussi de déclaration handicap et de reconnaissance comme travailleur handicapé. L’évolution du regard des employeurs contribue également à cette accroissement. L’étude menée par l’Ifop pour l’Agefiph à l’occasion de la 16e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées en novembre, montre que 60 % des patrons pensent que leur regard sur le handicap a évolué « de manière positive ».

Face à cette situation, envisagez-vous de nouvelles mesures ?
Le conseil d’administration a décidé en fin d’année 2012 de mettre en place une mesure d’aide au maintien dans l’emploi en fin de carrière. Cette nouvelle aide vise à permettre, aux salariés seniors
handicapés confrontés à une problématique de maintien dans l’emploi, de bénéficier, sur préconisation du médecin du travail, d’une réduction de 20 % à 50 % du temps de travail légal ou conven-
tionnel avec maintien du salaire jusqu’à leur départ en retraite. Cette mesure est applicable à partir du 1er janvier 2013.

 

Une nouvelle présidente, Odile Menneteau, a pris la tête du conseil d’administration de l’Agefiph. Apporte-t-elle une nouvelle vision de la situation ?
Sa vision s’inscrit dans la continuité des actions de l’association. Elle défend avec conviction les valeurs et les priorités de l’Agefiph. Pour cette nouvelle mandature de trois ans, deux axes forts sont fixés.
Le premier est le maintien dans l’emploi. Une grande campagne nationale va être lancée à partir de nos coordinateurs régionaux auprès des médecins du travail pour les informer des aides disponibles
pour maintenir un salarié dans son emploi suite à un accident, par exemple.
Le second point fort est celui de la formation. Nous mettons un accent tout particulier sur l’alternance car, rappelons-le, pour les personnes handicapées, il n’y a pas de limite d’âge pour bénéficier de ce
type de formation. De plus, l’alternance correspond bien au besoin des personnes handicapées, souvent peu qualifiées et non habituées à suivre de longues formations théoriques. Elles peuvent ainsi
acquérir de nouvelles compétences en pratiquant. Par ailleurs, nous constatons que cette formule est une réussite. 60 % des travailleurs handicapés qui suivent une formation par alternance restent
dans l’entreprise avec des cDD de longue période ou des CDI. Nous allons donc accentuer nos aides pour encourager les employeurs à suivre cette démarche.
Ainsi, pour tout contrat en alternance (professionnalisation ou apprentissage) l’employeur profite d’une aide de 2000 euros par année de formation et de 1000 euros par semestre supplémentaire, la
personne âgée de plus de 45 ans bénéficie d’un forfait de 2000 euros. En cas de recrutement à l’issue du contrat en alternance, 2000 euros d’aide sont alloués.

Nous venons de fêter les 16 ans de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Quel regard portez-vous sur cette action nationale ? Ne faut-il pas la faire évoluer ?
En 16 ans, le sepH a déjà évolué et connu différentes formules. Au départ, cette semaine était l’occasion de multiplier les rencontres, les forums, les salons… Aujourd’hui, on remarque que ces
initiatives s’égrènent toute l’année. Pour nous, la SEPH, c’est tout le temps ! Cet événement doit rester une opportunité de rappeler, aux managers, aux pouvoirs publics et à toutes les personnes impli-
quées dans le domaine de l’emploi qu’il faut continuer les efforts. On progresse, mais beaucoup reste à faire.

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