Le Jeu de la Vérité

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Handirect s’est intéressé à une pièce de théâtre qui, bien qu’ayant été joué plus de 500 fois, n’a pas eu le retentissement qu’elle mérite. Il s’agit du Jeu de la vérité. Cette pièce a été écrite par Philippe Lelouche, journaliste, acteur, auteur et frère de l’acteur Gilles Lelouche. C’est à l’occasion d’une représentation mise en scène par la Compagnie amateur du Boulevard Berjallien, que nous avons découvert cette pièce et discuter avec les acteurs, Christelle Simian, Jean-Michel Bonnard, Romain Bomel et Jésus Valle.

 

Comment avez-vous découvert cette pièce ?

Jésus Valle : C’est un coup de chance. Quand on aime le théâtre on scrute tout ce qui se passe à la télévision et un jour en zappant je suis tombé sur cette pièce au moment ou la fille (Margaux) va se marier avec Jules. C’était très drôle, ça me parlait. Mais il s’agissait du Jeu de la vérité N° 2. Elle sortait totalement de ce que l’on à l’habitude de voir car il n’y a jamais de filles handicapées au théâtre et j’ai trouvé cela très fort. J’ai fait des recherches et acheté le DVD de la pièce originale.

Jean-Michel Bonnard : Mais alors que la pièce dure à l’origine une bonne heure nous l’avons étoffé pour en faire une qui dure plus d’une heure et demi, au cours de laquelle on ne s’ennuie pas une seconde, malgré l’absence d’entracte.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir cette pièce ?

J.Valle : Lorsque j’ai vu la pièce, je me suis dis : « on la monte ! » L’idée de base est originale, elle joue sur une rupture à laquelle personne ne s’attend et qui donne lieu à des situations sérieuses et profondes dans une ambiance très comique. Le Jeu de la vérité est tout aussi fort que le film Intouchable et bien plus ancien. Cette pièce a aussi connu un grand succès à Paris et Lyon, où elle a été jouée plus de 500 fois, mais sa notoriété est restée faible.

 

Comment vous êtes-vous attribués les rôles ?

J.Valle : Pour moi Jean-Michel était le profil idéal du personnage de Jules. Mais il n’était pas très motivé et nous avions une autre pièce plus ou moins en gestation, mais qui ne nous plaisait pas plus que ça. Cela c’est passé de manière naturelle, les rôles se sont imposés à chacun de nous. Surtout pour la fille (rire). Mais il fallait franchir le pas du fauteuil roulant qui n’était pas évident pour nous. Christelle joue le rôle d’une fille qui assume son handicap et ce n’était pas facile. Même pour nous certaines phrases n’étaient pas simples à dire tellement elles sont dures. Mais cette pièce sonne vraiment juste pour les personnes handicapées et révèle une réalité difficile sur l’image du handicap dans notre société. L’auteur nous prouve que cela peut être vu sous un jour comique, un dénouement heureux. L’apparition de cette fille handicapée génère de très nombreuses réactions dans le public, car personne ne s’y attend.

 

Que vous apporte cette pièce ?

J.Valle : Elle nous a beaucoup apporté dans nos rapports avec les personnes handicapées. J’avais presque peur d’aller vers une personne handicapée, de faire des gaffes, je ne respectais pas les places réservées. Aujourd’hui, je ne supporte pas qu’une personne utilise à tort ces emplacements.

J.M Bonnard : À chaque contact avec le public les réactions sont nombreuses et touchantes y compris celles des personnes handicapées qui viennent de voir la pièce. De plus, elles participent à la pièce par des remarques ce qui est assez amusant. Nous nous sommes humainement enrichis.

 

Propos recueillis par JMMC

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