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Dans cet ouvrage de Monique Archen, on découvre l’histoire de Nathalie, jeune femme atteinte d’une sclérose latérale amyotrophique (SLA), également appelée maladie de Charcot. A l’apogée de sa maladie, Nathalie ne peut communiquer qu’à l’aide de ses yeux et de son pouce gauche. Peurs, angoisses, colère et interrogations, mais aussi courage, partage et solidarité familiale sont autant d’émotions qui habitent ce livre. Le récit alterne les passages racontés à la troisième personne par l’auteure avec les confessions de Nathalie, adressées à Monique Archen par le biais de leurs correspondances internet.

« Elle mange très peu ; elle préfère regarder les convives rire autour d’elle ; elle les écoute parler sans pouvoir participer de vive voix à leurs conversations ; elle ponctue chaque intervention de hochements de tête qui ressemblent à de grands éclats de rire et elle est heureuse ; elle adore ces longues tablées qui rassemblent dans la convivialité. Elle sent déjà combien parents et amis vont se serrer les coudes pour la servir au mieux. Tout ce qu’elle veut, c’est vivre avec les autres, tels qu’ils sont, et telle qu’elle est. Et que cela ne l’empêche pas de sourire. Parfois elle se dit que le pire, c’est encore le contact avec les gens « normaux », les personnes dites « standards », celles établies dans les normes, et là se révèle toute l’inhumanité de la société. J’avais le paradis dans le cœur. Ces vacances à l’Île de Ré m’ont permis de me réconcilier avec moi-même. Elles m’ont permis de réaliser que je pouvais être gravement malade, que je pouvais être handicapée et continuer, malgré tout à être heureuse. Je me disais surtout que j’avais une sacrée chance d’être aussi bien entourée ».

« Le pouce gauche », éditions Persée, 241 pages, 18 euros.

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