Le premier cœur artificiel autonome vient d’être implanté à Paris

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Le tout premier cœur entièrement artificiel destiné à l’homme a été implanté le 18 décembre dernier à l’hôpital européen Georges Pompidou (APHP, Paris).

Conçu par le professeur Alain Carpentier et ses équipes, en partenariat avec la PME française Carmat qu’il a créé en 2008, ce cœur est une bioprothèse de 900 grammes, fabriquée en matériaux biosynthétiques et composée d’un couple moteur-pompe, de valves et de capteurs électroniques permettant une adaptation aux besoins spécifiques des patients.

C’est après vingt-cinq ans de travaux que l’opération a été réalisée par le professeur Christian Latrémouille, chirurgien cardiovasculaire de l’hôpital Georges Pompidou, et le professeur Daniel Duveau (CHU de Nantes) sur un français de 75 ans souffrant d’une insuffisance cardiaque ayant atteint un stade terminal. A l’heure où nous écrivons, celui-ci se porte bien.

 

Des cœurs artificiels avaient déjà été implantés auparavant mais seulement de façon temporaire pour permettre plus facilement l’attente d’une greffe, alors que ce nouveau dispositif a vocation à être autonome et durable.

Avec plus de 20 millions de personnes souffrant d’insuffisance cardiaque dans le monde, il vise à pallier au manque de greffons humains, pour lesquels les listes d’attente ne cessent de s’allonger dans tous les pays.

De nouvelles implantations du même type devraient être programmées, selon la société Carmat.

En attendant, les membres du gouvernement ont salué cette avancée, à l’image de Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche : « Cette première mondiale est l’aboutissement d’une aventure qui a bénéficié d’un partenariat public-privé exemplaire entre l’hôpital, le milieu académique et une société privée. Elle prouve que l’excellence de la médecine et de la recherche biomédicale, associée aux avancées technologiques dont notre industrie française est capable, sont des atouts formidables pour notre pays. Cette prouesse médicale et scientifique donne espoir aux milliers de patients qui sont en attente d’une transplantation », a-t-elle commenté.

« Le professeur Alain Carpentier ouvre une nouvelle voie thérapeutique, qui va être évaluée dans le cadre d’un essai clinique unique au monde auquel participeront l’Hôpital Européen Georges-Pompidou de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, le Centre chirurgical Marie Lannelongue du Plessis-Robinson et l’hôpital Laënnec-Nord du CHU de Nantes », a ajouté Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé.

 

Crédit photo ©AFP Franck Fife

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