Les mères porteuses en débat

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Quatre-vingt deux personnalités de tous bords (de Sylviane Agacinski à Carole Bouquet en passant par Gisèle Halimi, Boris Cyrulnik ou encore Axel Khan) viennent de lancer un manifeste contre la légalisation de la gestation pour autrui (GPA). Pour elles, “prendre en compte la souffrance des couples infertiles ne peut justifier de transgresser des principes qui fondent notre vie collective et notamment le devoir de protection des plus vulnérables”.

 

Elles estiment que la GPA ouvre la voie à l’exploitation des femmes, à la promotion du “tout génétique” et à la programmation d’enfants conçus pour être abandonnés par les femme qui les ont portés. Et, quand bien même la loi limiterait les dérives mercantiles voire le tourisme procréatif, celle-ci “légitimerait (…) des pratiques que nous condamnons parce qu’elles remettent en cause la protection des plus vulnérables”.

Satisfaction génétique

Le Quotidien du Médecin consacre à son tour une page à la question des mères porteuses et publie un débat entre les Prs René Frydman et Israël Nisand. Pour le premier, “l’éthique doit primer face à la demande d’une satisfaction génétique”. Sans nier la souffrance des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants, le Pr René Frydman dénonce une pratique aliénante qui, pour satisfaire un désir personnel, utilise une tierce personne et son entourage. Il doute par ailleurs de la réalité d’une absence de commerce et s’élève contre l'”idéologie extrêmement dangereuse” du “tout génétique”.

Survalorisation du “soi”

La consécration de la “sacro-sainte génétique” conduit à la tenue d’un “discours contradictoire” : “d’un côté, il faut que ce soit l’enfant génétique du couple et on dit à la femme qui porte l’enfant de ce couple que la grossesse n’a pas d’importance, qu’aucun lien ne se crée, qu’elle va pouvoir s’en détacher facilement parce qu’elle ne l’a pas investi” et, “de l’autre, on dit à une femme qui va recevoir un don d’ovocyte que, ce qui est important, ce n’est pas l’aspect génétique mais le lien qu’elle va tisser pendant la grossesse, le fait qu’elle va accompagner l’enfant et l’élever”. Pour lui, si on accepte cette “survalorisation du soi”, il n’y a aucune raison de ne pas accepter le clonage reproductif.

Diagnostic prénatal

A l’inverse, le Pr Israël Nisand estime qu'”il faut traiter les demandes légitimes”. Il base son argumentation sur le fait que “nous faisons déjà du cas par cas dans le diagnostic prénatal” et qu’il y a dans ce domaine “une remarquable homogénéité entre les décisions” des différents centres (douze mille dossiers soumis depuis dix ans, dont six mille aboutissent à une interruption médicale de grossesse). Pour lui, il faudrait donc instaurer le même système pour la GPA.

 

(Source: synthèse Généthique)

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