Mon lieu de vie : ce nid protecteur et sécurisant

Mon lieu de vie : ce nid protecteur et sécurisant
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Par Véronique Barreau. Petit appartement, maison individuelle, ferme nichée en pleine montagne ou villa de luxe : chaque lieu de vie et habitat peut être un nid protecteur pour celui qui y réside et une base sécurisante pour être soi-même.

On y vit des joies, des peines, des fêtes de famille, des anniversaires, et aussi le train-train de la vie quotidienne. Ses espaces nous permettent de satisfaire des besoins fondamentaux : se nourrir, se laver, prendre soin de soi, se reposer… Au fil du temps et des expériences vécues s’instaure avec le lieu de vie une relation d’attachement. À l’image d’un lien de filiation, une base physique et psychologique sécurisante se tisse, permettant au foyer de s’épanouir dans un nid fertile.

La maison est le reflet de notre propre histoire : elle traverse nos épopées et vieillit elle aussi à la mesure du temps qui passe : comme chacun de ses habitants, son enveloppe et son intérieur évoluent, s’aménagent, se transforment, se rafistolent, se rénovent aussi.

L’intérieur est ainsi nourri d’intimité et le reflet d’une partie de l’identité de ses propriétaires

La figure de l’habitat, le nid, fonctionne en principe comme un havre de sécurité, une source de réconfort et de protection, notamment en cas de menace ou de problème extérieur : « ma maison à la campagne m’a aidé à passer le cap du premier confinement covid-19. On est y restés en sécurité avec ma femme et mes enfants, explique Stéphane. On y recharge ses batteries, physiques et psychiques, dans un environnement propice au repos et à la détente : « après chaque hospitalisation, chaque passage en clinique de rééducation, je n’ai qu’une seule hâte, rentrer chez moi pour récupérer », témoigne Thomas. La maison permet de se mettre à l’abri et d’entamer la digestion et l’intégration des expériences extérieures, plus ou moins éprouvantes.

Le lieu de vie confère aussi un environnement stable, un port d’attache balisé de repères sécurisants : des objets que l’on affectionne, une décoration choisie, un fauteuil douillet, des petits riens permettant le maintien des habitudes. « Mon garçon, qui est autiste, se plait à la maison. Il en connait les moindres recoins, et cette stabilité est très équilibrante pour lui. Tout est bien à sa place et dans un ordre particulier qui lui convient et l’apaisent ».

Le lieu de vie, un point d’ancrage et un retour à soi

Chaque personne se construit ainsi un intérieur qui devient une référence ou un point d’ancrage. Le retour « chez soi » devient alors une sorte de retour « à soi » : un espace temps où les masques peuvent tomber, pour agir en toute authenticité, sans artifice ni faux semblants.

Rentrer chez soi, c’est aussi pouvoir se reconnecter à sa propre histoire après une épreuve, une grosse journée ou une période plus dense : « j’adore voyager et je le fais dès que j’en ai la possibilité, mais j’apprécie encore plus le retour à la maison, ces quelques heures d’immense bien-être de retrouver ses affaires, ses habitudes et se rappeler en quelques sortes qui on est vraiment », témoigne Damien.

Josette, elle, n’a plus son chez elle et accuse le coup: « quitter ma maison pour venir à l’EHPAD a certainement été la plus grosse difficulté de ma vie. J’ai pu prendre quelques cadres et les accrocher dans ma chambre, emporter mon nécessaire de toilettes et quelques vêtements. Le reste n’est que pour mon bon souvenir. Il me reste ça pour me réconforter. Le souvenir de qui j’étais dans ma vie d’avant, et tous les bons moments qu’on a pu vivre à la maison ».

Découvrez ici le blog de Véronique Barreau : https://javaispasvu.com/veronique-barreau/

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