Parent d’enfant autiste : Un témoignage entre difficultés et complicité

Parent d'enfant autiste : Un témoignage entre difficultés et complicité
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Devenir parent d’enfant autiste peut se révéler désarmant. À travers leur ouvrage « Dans la Tête de Tim », Bernard Villiot et Alexandra Brijatoff brossent le portrait d’une relation père-fils confrontée à la réalité de ce handicap. Un format peu conventionnel, à égale distance entre un roman et une bande dessinée qui vaut le détour. En librairies le 1er juin 2022. Décryptage.

Un parent d’enfant autiste en proie à la fin d’un monde

L’histoire de ce roman graphique débute avec Marc, un père de famille absent qui vit à Bruxelles, loin de son fils et de son ex-femme, domiciliés à Paris. Âgé de 8 ans et demi, ce fils dénommé Tim refuse de retirer sa cape de magicien : il se trouve dans l’incapacité de communiquer avec son monde. Tim est atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Ainsi cet ouvrage aborde le fait d’être parent d’enfant autiste.

Séparés, les deux parents de cet enfant autiste se livrent une bataille perpétuelle concernant l’avenir de leur fils. Célia, la mère de Tim, se retrouve même dans une situation de burn-out au moment où débute l’aventure. Déboussolée, elle décide de partir se reposer. De ce fait, elle confie d’abord cet enfant à sa grand-mère dans un premier temps puis à son père. L’un et l’autre glissent donc vers une réalité nouvelle, la fin du monde qu’ils connaissaient.

Dès les premières pages, cette œuvre détonne par les émotions que le lecteur peut ressentir. Celui-ci passera par la peur, l’incertitude et l’espoir. Cette intrigue réaliste se déroule comme une bobine au cours de laquelle s’invite progressivement la couleur. Elle s’adresse évidemment aux parents ou aux futurs parents d’enfants autistes mais plus globalement à tous les amoureux de bande-dessinée, concernés ou non par le handicap. Les quelques personnages que rencontreront Tim et Marc, tous présentés au début, entretiennent un lien avec les deux personnages principaux. Ils ressemblent à des étapes dans la quête d’une vie meilleure face à l’autisme.

Un livre, des questionnements et des réponses

En tournant les pages de cette BD aux allures de témoignage, les auteurs guident le lecteur dans son questionnement sur l’autisme et sa place dans la société. Cela devient même didactique et initiatique. Tous les aspects de la vie d’un enfant autiste sont évoqués, de ses capacités extraordinaires jusqu’à son inscription en IME (institut médico-éducatif). Pour l’enfant autiste lui-même, cela lui permet de poser des mots sur sa situation en s’identifiant au personnage principal.

Comme l’illustrent les pages de fin, l’exposition des « particularités positives ou négatives » aux yeux des parents d’enfants autistes offre une meilleure compréhension de l’enfant autiste à travers l’exemple fictionnel de Tim. Ainsi, les préjugés que peuvent générer l’autisme pourront perdre en influence.

En somme, le choix d’une bande dessinée se révèle finalement peu anodin. En effet, l’art donne lieu à une « métaphore » sur l’autisme. Il y a une vraie complémentarité et « sensibilité »  entre les mots et les dessins d’Alexandra Brijatoff, illustratrice.

“Dans la tête de Tim. (2022)”. Alexandra Brijatoff et Bernard Villiot. Éditions Marabulles. 160 pages. 19,95 euros.

Pour découvrir « Dans la Tête de Tim », témoignage pour les parents d’enfants autistes : https://www.marabout.com/livre/dans-la-tete-de-tim-9782501163231/

Alex Renaud-Bourbon

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