Vacances et déficience visuelle : Près d’une personne sur deux a renoncé

Vacances et déficience visuelle : Près d’une personne sur deux a renoncé
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Une consultation menée par OpinionWay pour la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles démontre que vacances et déficience visuelle restent difficiles à concilier pour de nombreuses personnes.

« Près d’une personne déficiente visuelle sur deux a déjà renoncé à partir en vacances, en raison de son handicap ». C’est le triste constat qui ressort de la consultation menée par OpinionWay* à l’initiative de la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles – FFAC – auprès de personnes déficientes visuelles accompagnées d’un chien guide.

Alors que la FFAC a fêté son 50e anniversaire en juin 2022, et remis son 6000e chien guide, elle déplore notamment des sites de réservation inaccessibles, des déplacements contraints et des activités de loisirs limitées. Un constat encore plus marqué pour les vacances estivales. Celles-ci « cristallisent toutes les difficultés en matière de mobilité et d’accessibilité, qui ne sont toujours pas suffisamment prises en compte par les politiques publiques, pour 84% des répondants. Et ce, plus de 17 ans après la loi « handicap » du 11 février 2005 ».

Évoquant un véritable parcours du combattant, elle a ainsi résumé les nombreuses difficultés rencontrées par les personnes déficientes visuelles dans la préparation et le déroulement de leurs séjours. En parallèle, elle tient à rappeler que « le quotidien des personnes déficientes visuelles ne se résume pas qu’aux déplacements ».

Entre réservation en ligne, mobilité et activités de loisirs sur place

Concilier vacances et déficience visuelle reste donc complexe une majorité de voyageurs. Voici quelques-uns des nombreux obstacles recensés par la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles.

  • L’accessibilité numérique est le premier obstacle rencontré. Dès les préparatifs, plus de 70% des personnes déficientes visuelles rencontrent des difficultés à réserver en ligne. Qu’il s’agisse d’un séjour, un hôtel, des billets de train ou d’avion. Un problème directement lié au fait que 90% des sites internet ne sont aujourd’hui toujours pas accessibles aux personnes aveugles et malvoyantes.
  • Les difficultés liées à la mobilité ont un impact important sur le choix du séjour et de l’hébergement. Ainsi, 70% des répondants déclarent être restreints dans leur choix de destination en raison de leur handicap.
  • À l’arrivée sur le lieu des vacances, les difficultés persistent pour 63% des répondants, qui estiment ne pas pouvoir se déplacer aisément. Les transports ne sont pas toujours adaptés aux déplacements (35%). Et il est pour eux très complexe de se déplacer dans des lieux qu’ils ne connaissent pas (77%). Par ailleurs, 61% jugent difficile de faire du shopping et d’aller au marché.
  • Pour les répondants, il est également difficile de pratiquer une activité physique (baignade, randonnée, équitation – 53%), ou culturelle (musées, visites – 42%). Lors des vacances estivales, prendre un verre ou aller au restaurant est considéré comme l’activité la plus facile à réaliser pour les personnes déficientes visuelles (78%). Notamment parce qu’elle s’accompagne toujours du chien guide. Mais elles indiquent qu’il est encore difficile de se faire de nouveaux amis (33%) ou d’avoir une relation amoureuse (29%), lors de ces sorties.

Les difficultés des personnes déficientes visuelles pour partir en vacances démontrent le chemin qui reste à parcourir pour leur inclusion.

Pour la FFAC, ces différentes conclusions sur le thème des vacances sont un signe d’alerte supplémentaire quant au chemin restant à parcourir pour une meilleure inclusion des personnes déficientes visuelles. Elle estime d’ailleurs que c’est un volet représentatif des difficultés d’accessibilité de ce public. « La loi « handicap » du 11 février 2005 a eu des effets positifs. 77% des répondants estiment que leur vie s’est globalement améliorée, commente la FFAC. Mais la consultation montre que des difficultés notables subsistent en matière de mobilité et d’accessibilité aux services du quotidien :

  • Chaque déplacement reste une expédition pour 59% des répondants.
  • 65% estiment que l’accès aux soins stagne voire s’est dégradé depuis 2005.
  • Un quart des personnes déficientes visuelles jugent que l’accès aux outils numériques quotidiens est aujourd’hui plus difficile qu’avant.
  • Autre point noir, l’accès à l’emploi reste difficile selon 61% des déficients visuels actifs interrogés.

Des préoccupations qui ne sont pas suffisamment considérées par les politiques publiques, selon 85% des répondants ».

Environ 2 millions de personnes concernées en France

L’association recense aujourd’hui en France près de 2 millions de personnes déclarant une déficience visuelle. Parmi elles, plus de 200 000 qui souffrent de cécité ou de malvoyance profonde. Ces personnes sont éligibles à l’obtention d’un chien guide même si seulement 1% en bénéficie, avec environ 1500 équipes actives (maitre et chien guide).

Pour en savoir plus sur la consultation dédiée aux vacances avec une déficience visuelle, ou sur la FFAC, rendez-vous sur : www.chiensguides.fr/50-ans

* Consultation OpinionWay pour la Fédération Française des Associations de Chiens guides d’aveugles. Réalisée auprès de 309 personnes déficientes visuelles possédant un chien guide. Interrogées par téléphone sur système CATI (Computer Assisted Telephone Interview) entre le 25 avril et le 6 mai 2022.

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