Un handisport est un sport dont les règles ont été adaptées pour pouvoir être pratiqué par des personnes souffrant de déficiences physiques ou sensorielles, ou un sport spécifiquement créé pour les personnes en situation de handicap. Si le handisport était à l’origine essentiellement un outil de rééducation pour les personnes atteintes d’un handicap (blessés de guerre notamment), il s’est depuis quelques décennies organisé au sein d’une fédération nationale en France, et fait également l’objet de compétitions à l’échelle nationale et internationale. 

Si les Jeux Paralympiques, qui se tiennent dans le sillage des Jeux Olympiques d’été modernes depuis 1960, permettent de mettre un peu de lumière sur le handisport tous les quatre ans, il n’en reste pas moins que le handisport souffre encore d’un défaut de notoriété auprès des personnes en situation de handicap, et encore davantage auprès des personnes non porteuses de handicap. Petit coup de projecteur sur l’origine, les bienfaits et les enjeux à venir pour le handisport, en France et dans le monde.

Le handisport, c’est quoi ?

Le handisport, c’est soit l’adaptation d’un sport classique pour rendre la pratique accessible aux personnes porteuses de handicap physique ou sensoriel, soit un sport créé spécifiquement pour les personnes porteuses de handicap et qui n’a pas d’équivalent dans le monde des valides. C’est le cas par exemple du goalball, un sport de ballon pratiqué par les personnes non ou mal-voyantes qui utilise un ballon sonore pour permettre aux joueurs de le situer sur le terrain.

Traditionnellement, on distingue trois grandes catégories de handicaps dans la pratique sportive : la surdité, les handicaps physiques et sensoriels, et les handicaps mentaux et/ou psychiques. Chaque catégorie a son histoire et son actualité, et aujourd’hui en France elles se retrouvent organisées au sein de deux fédérations nationales : la fédération française handisport (FFH) pour les handicaps moteurs et la surdité (depuis la disparition de la Fédération Sportive des Sourds de France en 2008), et la fédération française de sport adapté (FFSA) pour les handicaps mentaux et/ou psychiques.

Le handisport, ça sert à quoi ?

Si l’histoire du handisport remonte aux décennies précédant la Deuxième Guerre Mondiale avec l’apparition des premières courses cyclistes pour sourds dès la fin du 19ème siècle, le handisport, que l’on ne nommait alors encore ainsi, a pris un essor malheureusement considérable au milieu des années 1940, à l’initiative d’un médecin neurologue chargé de la rééducation des blessés de guerre britannique. Le Dr Ludwig Guttmann, qui avait fondé en 1944 un centre dans lequel il soignait notamment les lésions de la moelle épinière, a théorisé l’idée selon laquelle les soins physiologiques qu’il prodiguait à ses patients devaient être accompagnés d’un soutien psychologique et d’un accompagnement à la réinsertion sociale, pour atteindre l’objectif ultime d’un retour à l’autonomie. C’est lui qui a développé la pratique du sport chez ses patients et mis en place la première compétition sportive en fauteuil roulant de l’histoire, en 1948, en amont des Jeux Olympiques de Londres.

Depuis son origine donc, le handisport a une visée principalement thérapeutique, en jouant sur les ressorts de l’accomplissement de performances physiques et du dépassement de soi pour changer de perception que les personnes en situation de handicap qui le pratiquent ont d’elles-mêmes.

Comme toute pratique sportive, le handisport permet en outre de bénéficier de toutes les retombées positives en matière de santé générale qu’une activité physique entraîne pour les pratiquants : renforcement musculaire, diminution de la douleur, amélioration du fonctionnement métabolique, augmentation de la capacité pulmonaire, etc. 

Et enfin, le handisport étant lié à l’appartenance à un club, sa pratique joue un rôle parfois crucial dans la socialisation des personnes en situation de handicap qui le pratiquent : par la découverte et la mise en pratique des valeurs inhérentes au collectif, par la rencontre de nouvelles personnes et les liens d’amitié qui peuvent se tisser, ou encore du fait de la mobilité imposée par la pratique en compétition.

Le handisport, qui peut le pratiquer ?

Tout le monde ! Le handisport est aujourd’hui encore une pratique principalement amateur. En effet, bien que les Jeux Paralympiques tendent à gagner en audience édition après édition, aucun sportif handicapé ne vit de son activité sportive et la pratique de handisport est avant celle que font les près de 40 000 pratiquants dans plus de 700 clubs et 50 disciplines répartis sur l’ensemble du territoire. La pratique handisport est ouverte aux enfants aussi bien qu’aux adultes, en pratique loisir comme en compétition voire en haut niveau.

Le site de la fédération française handisport met en ligne un répertoire des sports directement gérés par elles ainsi que des disciplines de clubs affiliés à la FFH et qui proposent des créneaux handisport à leurs adhérents. Au total, plus de 50 disciplines ouvertes à la pratique handisport, parcourant un éventail très large de domaines sportifs, sports individuels comme sports collectifs, pratiqués en salle comme en extérieur : à chacun de faire son choix !

La fédération française handisport met également à disposition une nomenclature du handicap pour les 25 disciplines dont elle porte l’organisation, afin de permettre aux aspirants de savoir si leur handicap est compatible avec la pratique d’un sport en particulier.

La fédération française de sport adapté compte quant à elle plus de 65 000 licenciés et plus du double en nombre de pratiquants, répartis dans 1300 clubs et dans 75 disciplines sportives différentes. Tout comme le handisport, la pratique de sport adapté est ouverte à tous les publics, enfants et adultes, et à tous les niveaux de pratique : loisir, compétition ou haut niveau.

Je voudrais pratiquer un handisport, comment je fais ?

Le plus simple dans un premier temps est de se mettre en contact avec un club situé à proximité de son lieu de résidence. Le site handisport.org recense dans son annuaire les structures de clubs affiliées à la FFH et permet de les consulter par département. Vous pourrez alors accéder au site internet de la structure et aux informations de contact. La FFSA a son propre répertoire pour la pratique de sport adapté.

Si l’envie de pratiquer un sport vous taraude mais que vous n’osez pas vous lancer, commencez donc par parcourir les sites des structures actives dans votre département, et prenez contact avec la personne en charge de l’accueil du public : c’est peut-être elle qui parviendra à vous décider !