En cas d’évacuation, merci de patienter

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Écoles, centres commerciaux, bibliothèques, mairies… La loi du 11 février 2005 oblige tous les établissements recevant du public à se rendre accessibles. Mais en cas d’alerte incendie, les ascenseurs ne fonctionnent pas et l’évacuation immédiate des personnes à mobilité réduite pose problème. Le législateur a ainsi créé les espaces d’attente sécurisés (EAS).  Objectif ? Permettre aux personnes ne pouvant évacuer par les escaliers, d’attendre les secours à l’abri des flammes. Explications.

 

Petite Devinette : en cas d’alerte incendie, comment évacue une personne en fauteuil roulant ou à mobilité réduite située à un étage ? Elle attend ! Les ascenseurs étant bloqués pour des raisons de sécurité dans cette situation, les individus ne pouvant descendre les escaliers sont contraints de patienter à l’étage jusqu’à l’arrivée des secours. Mais pas n’importe où. La loi prévoit des espaces d’attente sécurisés. L’arrêté du 24 septembre 2009 les définit comme des « zones à l’abri des fumées, des flammes et du rayonnement thermique : une personne, quel que soit son handicap, doit pouvoir s’y rendre et, si elle ne peut poursuivre son chemin, y attendre son évacuation grâce à une aide extérieure. » 

« L’évacuation demeure la règle pour les personnes pouvant se déplacer jusqu’à l’exté-rieur du bâtiment, précise le commandant Florence Rabat (Sdis de la Loire), Chef du Bureau de la Prévention. Toutefois, pour celles qui sont dans l’incapacité d’évacuer ra-pidement, ces espaces doivent leur permettre d’attendre en sécurité l’arrivée des secours ». 

Plusieurs critères et des mesures doivent être respectés (lire encadré) pour garantir la sûreté de cette salle : portes et murs coupe-feu, permettant de retenir les flammes pendant deux heures, désenfumage, éclairage adapté… Cette réglementation est à prendre au sérieux : les EAS doivent figurer sur le permis de construire des bâtiments en construction pour qu’il soit validé. Les établissements recevant du public existant doivent aussi s’y plier.

Par ailleurs, la loi stipule que l’alarme doit être perceptible par tous et doit tenir compte « des différentes situations de handi-cap des personnes amenées à les fréquenter isolément. » « Il existe des flashs pour alerter une personne sourde, explique Cyrille Gagnaire, pompier adjudant chef et créateur d’Alertis, un centre des formations sécuri-té. On voit même apparaître des lits vibrants dans les hôtels pour prévenir les hôtes sourds de l’évacuation. Pour les personnes non voyantes,  des systèmes de guidage et des conseils de sécurité en braille ou sur bande sonore peuvent être mis en place. »

 

« Restez pragmatique »

Ces espaces peuvent être créés dans des pièces utilisées tous les jours : une salle de classe dans l’école, une chambre PMR dans l’hôtel, le pallier de l’escalier… « Parfois les EAS sont installés dans les toilettes car il y a bien souvent des fenêtres donc un désen-fumage naturel, le système de  désenfumage artificiel étant très cher » , ajoute le gérant d’Alertis. Il estime l’aménagement com-plet d’un EAS entre 15 000 et 20 000 euros.

« Je conseille vivement de choisir une pièce avec des fenêtres », ajoute Florence Rabat qui recommande de « restez pragmatique ». «  Tout d’abord, il n’y aura pas besoin d’installer un désenfumage artificiel. Ensuite, c’est psychologiquement beaucoup plus supportable pour une personne d’attendre dans un lieu qui donne sur l’extérieur plutôt que d’être enfermée dans une salle cloisonnée. » Elle conclut : « Il faut garder en tête que ce ne sont pas des contraintes à mettre en œuvre mais un objectif à atteindre : la sécurité de la personne ».

 

 

 

Quelles  normes  respecter ?

Les espaces d’attente sécurisés doivent notamment :

•   être signalés par des pictogrammes verts à l’intérieur de l’établissement mais aussi à l’extérieur près de la fenêtre pour que les pompiers repè-rent rapidement où ils se trouvent.

•    être équipés d’un moyen permet-tant à une personne de signaler sa présence: fenêtre visible, interphone, téléphone, bouton d’appel d’urgence identifié et localisé pour les personnes sourdes ou malentendantes.

•   être au nombre minimum de 2 par niveau. Dans le cas où un seul escalier est exigé, le niveau peut ne disposer que d’un seul espace d’attente sécurisé. 

References : Articles CO 57, CO 58, CO59, CO 60

 

Les nouveaux lieux de travail concernés

Avec le décret n° 2011-1461 du 7 novembre 2011, le législateur a étendu cette obligation aux entreprises. Le texte précise que « les lieux de travail situés dans les bâtiments neufs ou dans les parties neuves de ces bâtiments sont dotés, à chaque niveau, d’espaces d’attente sécurisés ou d’espaces équivalents, dont le nombre et la capacité d’accueil varient en fonction de la disposition des lieux de travail et de l’effectif des personnes handi-capées susceptibles d’être présentes. »

 

 

 

Photo : © STORM – FOTOLIA.Com

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