« J’accuse l'odieuse pratique des créanciers »

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Je suis Aline, bipolaire. Voici mon histoire et celle de mon ami Olivier, également handicapé émotionnel.

 

Âgés de 37 et 39 ans, nous sommes reconnus travailleurs handicapés. J’ai rencontré Olivier il y a 12 ans. Il s’est mis en quatre pour oublier ses angoisses et aller de l’avant. Nous avons l’Allocation Adulte Handicapé. En 2009, j’ai lancé mon auto-entreprise spécialisée dans la vente de produits d’hygiène, suivie par Olivier.

Nous sommes bien entendu motivés et avons vraiment envie de réaliser quelque chose de bien avant tout pour nous car le travail est une source d’épanouissement personnel. Nous n’imaginions pas continuer dans cette « galère », et vivre toute notre vie avec l’AAH. On voulait se sortir de ce dispositif et vivre normalement du fruit de notre travail, vivre décemment.

Le sort en a décidé autrement et aujourd’hui la note est sévère : 14 000 euros à rembourser et les créanciers qui font du harcèlement téléphonique. La Banque de France a rejeté notre demande de reconnaissance de surendettement. Pourquoi ? On nous a reproché d’avoir mis sur le même dossier les dettes personnelles et les dettes professionnelles ! Maintenant on veut nous saisir et les menaces fusent à coup de SMS et de mystérieux appels « inconnus ». J’en ai des remontées gastriques d’angoisse et de tension nerveuse.

Je ne sais pas combien de temps Olivier va tenir. Je dénonce ce genre de pratiques intolérables des crédits révolving qui savent bien être là pour se faire de la laine sur le dos des personnes fragiles (personnes âgées, personnes handicapées…). Je fais partie d’un public fragile, j’accuse l’odieuse pratique des créanciers, des huissiers. Selon l’article 222-16 du code pénal : les appels téléphoniques malveillants réitérés sont punis par la loi.

Je refuse de toutes mes forces après tant d’effort pour m’en sortir de voir tout mon quotidien s’écrouler avec ma vie de couple, de famille, ma santé.

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